Archives de Tag: Chevreul

Une exposition lumineuse à Giverny : le pointilliste Paul Signac

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Le reportage de Virginie Ducroquet et Eric Pierson, .posté sur l’interface de France 3 TV, revient sur l’exposition de Paul Signac, peintre néo-impressionniste, ayant lieu actuellement au musée Giverny à Paris dans le cadre du festival Normandie Impressionnisme.

En effet, ce reportage revient sur le thème de l’exposition à savoir « Paul Signac et les couleurs de l’eau » en traitant dans une première partie des premières inspirations du peintre et de sa passion pour le milieu marin, univers cher à son cœur qu’il ne cessera de dépeindre tout au long de sa carrière.

Paul Signac en mer

Paul Signac en mer

Avant de s’inscrire dans une dynamique néo impressionniste, Paul Signac affiché un engouement pour la peinture impressionniste et plus particulièrement pour l’œuvre de Claude Monet, peintre du célèbre tableau Impression Soleil Levant.

Claude Monet, Impression Soleil Levant

Claude Monet, Impression Soleil Levant

 

Sa rencontre avec Georges Seurat, chef de file du courant néo impressionniste en 1884 le pousse à adopter cette spécificité scientifique du mouvement, reprenant les théories scientifiques de Goethe ou encore de Chevreul.

 

Cercle Chromatique de Chevreul

Cercle Chromatique de Chevreul

Il s’initie dès lors à la technique du pointillisme consistant à juxtaposer des touches de couleurs pures, point par point, créant un motif formé par l’œil lui-même grâce à une certaine harmonie des couleurs. En effet, les couleurs ne sont pas mélangées, c’est au spectateur de recomposer le motif par la seule observation de la toile.

Capture d’écran (25)

Suite à la mort de Seurat, Paul Signac décide de s’installer à St Tropez où  il se met rapidement à l’aquarelle, technique lui permettant de peindre sur le motif et lui remémorant ses premiers amours à savoir la peinture impressionniste. C’est un médium peut encombrant facilitant les voyages du peintre.

Capture d’écran (31)

Paul Signac, aquarelle

Paul Signac, aquarelle

Petit à petit ses aquarelles auront tendance à s’éloigner de tout réalisme de tendre vers des aspirations plus abstraite.

Ce reportage a le mérite de donner une vue d’ensemble sur ce qu’à pu être la carrière de Seurat tout en mettant en lumière la thématique de l’exposition, objet même du reportage à savoir « Les couleurs de l’eau ».

« Seurat: The realm of light », un documentaire fictionel sur Georges Seurat.

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Seurat: The realm of light est un documentaire en anglais d’une vingtaine de minutes réalisée par la NFBC ( National film Board of Canada ) réalisé puis posté sur Youtube en 2009 par François Audry lui-même. Il y est divisé en 3 parties ( 123 ) Ce documentaire fut réalisé en hommage à Georges Seurat ( 1859-1891 ) et fut probablement diffusé à la télévision. Il comporte une partie fictionnelle dans laquelle l’acteur Pierre Chagnon joue le peintre.

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Dans cette histoire soit disant reconstituée, on voit Seurat rêver de ces pixels représentant la réalité. L’idée émise est que « la lumière est la source de réalité ». C’est par les médias et notamment la télévision que l’on voit ces pixels eux-même mis en abîmes par des pixels. La facture est mise en évidence. C’est ce qui nous intéresse la plus. Le caractère fictionnel est évident et semble avoir un rôle didactique pour mettre en exergue la réflexion de Seurat.

Une voix de documentaire elle-même mise en abîme dans ce documentaire nous explique sa théorie et l’utilisation du cercle chromatique de Chevreul.

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Il fut notamment influencé par des artistes classiques tels que Poussin et Ingres. Par ailleurs, on nous indique son utilisation du crayon noir. « Seurat et Signac fréquentaient l’atelier de Puvy de Chavanne qui révolutionna le style classique qui les inspirait. Le travail de Puvy de Chavanne inspira notamment le travail de Seurat dans Un dimanche après-midi à la Grande-Jatte qui lui demanda 29 dessins, 34 études à l’huile.

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C’est par un simulacre de la parole de Seurat que l’on nous explique que selon lui, « le peintre ne voit pas la réalité comme les autres, son oeil traduit l’invisible et révèle sa vraie nature« . On nous montre alors Seurat en action à l’extérieur dessinant son modèle. Il reproduit la tradition des impressionnistes en peignant en plein air. Seulement, il ne fait qu’une étude qu’un retravaille pendant plus d’un an dans son atelier.

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Seurat voulu prouver que sa technique était prête pour tous les sujets. Notamment lors de l‘exposition des artistes indépendants de 1891 où il présente la plus grande partie de ses oeuvres tels que Le Cirque qui n’est pas complètement finit. Le documentaire tire vers l’anecdotique et lance des pistes et des clins d’oeil aux artistes ayant exposé à ce même moment où l’ayant fréquenté comme par exemple la création de l’école de Barbizon. ( Monet, Renoir, Sisley et Pissarro ) ou encore l’erreur du cheval dans Le Cirque voulait avoir l’attention de Puvy de Chavanne qu’il admirait tant qui qui n’y témoigna pas d’intérêt.

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On observe Seurat expliquant les contrastes simultanés sur le sol aux autres artistes. Seurat serait donc un initiateur. Ainsi, la couleurs est rapportées aux sensations et aux sentiments comme dans la théorie de Goethe.

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De plus, cette fiction le montre souvent en état de trance dans laquelle il voit des silhouettes qu’il représenterait dans ses croquis. Il sépare les couleurs en fonction de la lumière dans le but de décomposer la sensation. La fin est une explication de la lumière. Peindre la réalité serait alors peinture la lumière. 

De Seurat à Matisse, Henri Edmond Cross et le néo-impressionnisme

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Henri Edmond Cross( 1856-1910), la ferme matin, 1893,  Musée des beaux arts de Nancy

Luxe Calme et Volupté, Henri Matisse

L’article de Bénédicte Bonnet St George d’avril 2012 sur le site de la revue la tribune de l’art, revient sur l’exposition d’Henri Edmond Cross et le néo-impressionnisme ayant eu lieu au Musée Matisse du Cateau-Cambrésis.

Dans cet article, la journaliste revient sur l’approche artistique des peintres néo-impressionnistes s’inspirant des diverses théories de la couleur de Charles Henry, Chevreul, Rood et sur l’impact que ces peintres ont pu avoir sur les générations suivantes. En effet, le néo-impressionnisme a fortement inspiré le fauvisme initié par des artistes tels que Gauguin et Matisse.

Dans une première partie, Bénédicte Bonnet St George revient sur l’organisation de l’exposition en elle-même et sur son sujet. Par la suite, elle nous expose une courte biographie d’Henri Edmond Cross et fait un commentaire allusif sur certaines œuvres présentées à l’exposition. Dans un troisième temps, elle traite de l’inscription de Henri Matisse dans une sorte de généalogie artistique l’ayant conduit à mettre en lumière son approche artistique.

Cet article a pour ambition de nous donner une vue d’ensemble sur un courant artistique ayant eu un impact sans précèdent sur l’approche artistique moderniste. D’autre part, le spectateur peut se faire une véritable idée du contenu de l’exposition et de sa portée pédagogique.

L’interface du site est assez claire, le lecteur à même la possibilité de traduire la page si il le souhaite, en l’occurrence ici, en Français. Néanmoins, les œuvres exposées sur le site sont limitées et le zoom ne permet pas de se faire une idée de la touche et la facture néo-impressionniste.

 

Georges Seurat et le néo-impressionnisme

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L’article de Dita Amory sur l’interface du Metropolitan Museum of art de Chicago, revient sur la carrière de Georges Seurat (1859-1891), artiste pointilliste, et sur l’évolution du courant néo-impressionniste. Elle dresse un commentaire à la fois synthétique et complet sur l’histoire d’un mouvement artistique, qui, lassé par une tendance impressionniste considéré comme peu ambitieuse, a décidé d’aller plus loin dans la réflexion sur la lumière et son rendu sur toile en s’inspirant des théories sur l’optique de Charles Henry, Chevreul et Rood.

Dans cet article, elle traite des principaux acteurs de cette tendance qu’ils soient théoriciens (Chevreul, Charles Henry ou encore Rood) ou artistes (Seurat, Signac, Pissarro, Van Gogh, Henri-Edmond Cross) évoquant même les noms de Matisse, Mondrian et Kandinsky, qui, avant d’être aspiré dans des courants beaucoup plus modernistes, fauvisme d’une part et abstraction d’autre part, ce sont essayés aux techniques picturales initiés par Georges Seurat.

Encore une fois, nous sommes face ici à un article de vulgarisation mais la dimension scientifique est manifeste, la légitimité venant du site lui-même puisqu’il s’agit du site du MET.

On regrette néanmoins de ne pas avoir plus de précision sur l’œuvre de Seurat. En effet, il aurait été aisé de nous exposer un court commentaire d’œuvre, permettant aux visiteurs de se faire une véritable idée des compositions du maître comme sur le site du Musée d’Orsay. D’autre part, la visibilité des œuvres restent sommaires, le spectateur ne pouvant pas les faire zoomer.

L’interface en elle-même est assez claire. Les tags reliés aux différents mots mis en surbrillance à travers le texte nous permettent l’accès à d’autres liens en rapport avec la démarche néo-impressionniste et les différentes théories artistiques de cette période.

Seurat, Un dimanche à la Grande Jatte, 1884-86, Oil on canvas, 208 x 308 cm, Art Institute, Chicago.

Seurat, Un dimanche à la Grande Jatte, 1884-86, Oil on canvas, 208 x 308 cm, Art Institute, Chicago.

Goethe and Chevreul: Simultaneous contrast

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Capture d'écran Goethe et Chevreul

Le site américain « Webexhibit«  qui est un musée interactif de la science, des humanités et de la culture établit en 1999. L’article qui nous intéresse est intitulé « Goethe et Chevreul: Simultaneous Contrast ». Cet article se trouve dans une autre page du site telle une exposition dont le thème est  » Color and Vision of Art » qui à pour slogan « Vision science & the emergence of modern art ». Il nous est dit que ce sont des experts et chercheurs, nous avons seulement un nom: Institute for Dynamic Educational Advancement ou IDEA. A près une courte recherche sur Internet, on découvre qu’il s’agit d’un site non lucratif fondé par Michael Douma en 1998 à Rockville aux Etats Unis. Par ailleurs, l’organisation et la présentation du site laisse penser que ce site est fiable. Ce site s’inscrit pleinement dans les Digital Humanities dans le sens où elle met en avant le partage non lucratif de connaissances et de recherches pour les professeurs et les étudiants. L’article nous propose même une aide pour les citer et justifier qui ils sont

C’est au travers d’articles que l’on découvre à travers le temps le lien entre l’art et l’optique. Ce dernier se trouve dans la catégorie « Before 1900 » qui aborde la théorie des contrastes entre les couleurs avant 1900, c’est à dire jusqu’à la période des néo-impressionniste. Dès lors, l’article met déjà en avant le fait qu’il répond à nos question sur la théorie des couleurs. Par ailleurs, il met en avant Goethe et Chevreul qui sont les deux théoriciens majeurs s’intéressant au contrastes simultanés et à la juxtaposition des couleurs. D’abord Goethe, puis Chevreul.

L’article est très clair, il commence par définir le travail de Goethe après 1800 comme liant la perception des couleurs et notamment des contrastes entre ces couleurs à l’optique mais aussi aux émotions humaines. Bien qu’il soit nécessaire de maitriser l’anglais pour lire cet article, le discours est espacé et le propos bien organisé. De plus, des images explicatives soulignent le propos de ces théoriciens.

Diagrammes de Goethe.

Diagrammes de Goethe.

Goethe définit des couleurs « plus » qui sont les couleurs chaudes et les couleurs « minus » qui sont les couleurs froides. Il lie ces couleurs à des émotions et dresse un cercle chromatique montrant les couleurs contrastantes mais aussi complémentaires. Le site établit d’ailleurs un lien vers une page plus complète expliquant les théories sur la couleur de Goethe. On peut y trouver des croquis réalisés par Goethe tentant de prouver cette complémentarité des couleurs.

Cercle chromatique de Goethe.

Cercle chromatique de Goethe.

Cercle chromatique de Chevreul.

Cercle chromatique de Chevreul.

Puis, l’article met en avant le théoricien Chevreul avec son ouvrage en 1839: De la loi du contraste Simultané des Couleurs. Des schéma et des activités didactiques nous montre l’intérêt de Chevreul pour la juxtaposition de couleurs complémentaires. Ainsi, les couleurs ressortent encore plus. Ainsi, c’est en regardant les cercles chromatiques de l’un et de l’autre que l’on se rend compte que Chevreul reprend la théorie de Goethe afin de l’approfondir.

En outre, l’article crée des liens avec des artistes contemporains pour montrer la pérennité de ces théories dans l’art contemporain. Les néo-impressionnistes ( voire les impressionnistes avant eux ) avaient réussir à lier science et art afin de voir la modernité comme un avantage essentiel à l’art. La perception est au centre de l’art. C’est aussi lié à cette idée de modernité qui s’encre dans les moeurs, on veut comprendre le mécanisme de perception de l’oeil.

Il s’agit donc d’un article clair et synthétique, riche en informations et en croquis explicatifs. Il rentre donc dans une optique didactique et des la logique des Digital Humanities

 

Seurat, le Cirque : œuvre commentée sur le site du Musée d’Orsay

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L’article du site du Musée d’Orsay commentant l’œuvre de Georges Seurat, Cirque a été rédigé par Hervé Lewandowski. C’est une notice détaillée exposant le contexte de réalisation de cette œuvre, les différentes aspirations du peintre à savoir d’apporter une dimension scientifique propre aux peintures pointillistes et divisionniste de cette époque, usant des nouvelles théorisations de la couleur de Chevreul, théoricien du XIXème siècle ayant rédigé De la loi du contraste simultanée des couleurs, essai majeur dans la démarche artistique des peintres néo-impressionniste, Charles Henry théoricien faisant un parallèle entre la psychologie et la couleur et plus particulièrement sur l’importance que peut avoir cette dernière sur nos comportements ainsi que de Rood. Dans une seconde partie, il fait une description synthétique mais précise de l’œuvre de Seurat, traitant à la fois de la forme et de l’utilisation de la couleur en lien à la recherche de luminosité dans la toile. Le commentaire d’œuvre est d’une très grande neutralité. En effet, il n’y a pas de parti pris de la part du commentateur. D’autre part, cette notice s’adresse à un large public d’où l’aspect accessible de l’article.


Nous sommes face à un article de vulgarisation mais la dimension scientifique reste manifeste. Il s’agit d’un véritable commentaire d’œuvre. De plus, la légitimité de l’article est apportée par le site en lui-même, à savoir le site officiel du Musée d’Orsay.
Malgré le fait que l’article soit court, il permet de donner une vision globale de l’historicité de cette œuvre faisant même référence à certains artistes tels que Edgar Degas, Renoir et Henri de Toulouse Lautrec, ayant utilisé également la thématique du cirque dans certaines de leurs œuvres.. Un cartel complet traitant de l’historique, de l’iconographie et des techniques utilisées par l’artiste est disponible sur l’onglet « notice détaillée ». De plus, le visiteur a également accès à une courte bibliographie, lui permettant s’il le souhaite d’approfondir ses connaissances sur cette œuvre. L’article est assez clair même s’il manque à mon sens d’illustration et de détail de l’œuvre commentée. En effet, nous sommes face à une œuvre pointilliste mais aucun zoom n’est exposé pour véritablement donner une idée de ce qu’était la technique utilisé par les peintres de cette période.


Cependant l’article et le site en lui-même pourrait gagner en clarté en proposant éventuellement plus de tag ou de mot clé ou encore, en mettant certains termes en surbrillance tels que pointillisme, divisionnisme ou encore des noms propres tels que Chevreul et Rood. D’autre part, il y a très peu de référence à la vie du peintre mais la contextualisation de la réalisation reste précise.


En conclusion, l’article d’Hervé Lewandowski sert finalement à donner une vision globale, claire et synthétique de l’œuvre de Seurat, le Cirque. Malgré son aspect réducteur, la dimension scientifique reste manifeste.

Tableau de Georges Seurat, le Cirque

Tableau de Georges Seurat, le Cirque

L’influence des lois la couleur de Chevreul sur les peintres.

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Michel-Eugène Chevreul ( 31 août 1786 - 9 avril 1889 ). Il fut chimiste et théoricien des couleurs. Il inspira le travail des néo-impressionnistes.

Michel-Eugène Chevreul ( 31 août 1786 – 9 avril 1889 ). Il fut chimiste et théoricien des couleurs. Il inspira le travail des néo-impressionnistes.

Cercle chromatique établit par Chevreul avec son traité sur les contrastes simultanés.

Cercle chromatique établit par Chevreul avec son traité sur les contrastes simultanés.

« Les lois de Chevreul sur la couleur » /  » Chevreul et les peintres » )

Introduction:

Cet article met en adéquation deux articles rédigés par Josette Fournier sur un site français du CNRS ( Centre National de la Recherche Scientifique ) nommé Saga Science et ayant pour sujet « Chimie et beauté ». Il s’agit d’un site didactique fondé sur la base de la découverte. Les deux articles sur lequel nous allons porter notre intérêt se trouvent dans la rubrique  » couleur ». Chacun de ces deux articles sont de la même longueur, sûrement par soucis de formatage ou de synthétisme. Il semble néanmoins que ces articles sont lié par une articulation logique de telle façon qu’ils dépendent de l’un et de l’autre. Le premier plus factuel et le second plus encré dans la relation entre ces théories et l’art.

« Les lois de Chevreul sur la couleur »

Dans un premier article, Josette Fournier aborde le travail du théoricien Michel-Eugène Chevreul ( 1786 – 1889 ) par rapport à son travail de recherches et de publications. Ainsi, cet article intitulé: Les lois de Chevreul sur la couleur se déploie de façon chronologique et retrace les étapes de la recherche de Chevreul sur la couleur. C’est à dire, comment il a aboutit à la loi des contrastes simultanées qui influencera par le suite le travail de nombreux peintres dont les néo-impressionnistes. L’article est court et centré sur les faits. En effet, l’article est une sorte d’enchainement d’évènements historiques qui dans leur ensemble montre l’évolution du travail de théoricien de Chevreul mais qui ne tire aucune conclusion de ces faits. Il est donc propre à l’auteur de cet article d’en saisir la logique et les sous entendus.

L’auteur se permet de dresser en quelques lignes le profil de Chevreul en prenant en compte ses premières recherches. L’auteur veut mettre en exergue l’évolution du travail de son chimiste et son cheminement vers les théories sur la couleur.

L’articulation chronologique de son propos se trouve à la suite du titre: « Travaux et publications ». Par la suite, huit paragraphes se succèdent évoquant chacun une avancée dans ses recherche et un pas de plus vers cette découverte qui innovera le travail des néo-impressionnistes. C’est sous la forme d’une biographie que Josette Fournier aborde ses découvertes. Le premier paragraphe étant consacré à ses dates de vie et de mort ainsi qu’au contexte historique Napoléonien. Elève de Vauquelin à Paris, une bonne partie de sa vie sera consacrée au musée d’Histoire Naturelle. Déjà à cette époque, il se consacra à « l’extraction de colorants indigènes pour teindre les draps militaires ». Il faut donc bien saisir l’importance du contexte historique, notamment concernant l‘importation de colorants inconnus en Europe depuis les colonies orientales. C’est alors que l’on peut noter que cet intérêt pour le coloris débuta d’un aspect pratique, nationaliste et expérimental. Notons qu’au XIXe siècle, l’art et la chimie se mêlent. Il n’y a qu’à se pencher sur la question de la photographie. Les inventeurs de l’optique étaient avant toute chose des chimistes découvrant l’optique. C’est par son développement et son lien inéluctable que la photographie à l’aspect scientifique connue une revendication artistique par l’empreint de ce médium. Et bien, c’est ici que l’on remarque déjà ce que les peintres viendront chercher dans les travaux de Chevreul.

 

 

Quand au deuxième paragraphe, il évoque les nombreux mémoires et notes « dont 11 portent sur les matières colorantes végétales: indigo, pastel, tournesol, bois de Campêche, bois du Brésil ». Par ailleurs, il obtient le « premier noir de qualité sous forme d’une combinaison de l’hématoxyline avec des sels de chrome ». C’est notamment grâce à lui que les gamme de couleurs s’élargissent.

Il est nommé par Louis XVIII le 9 Septembre 1824, directeur des teintures aux Manufactures royales de tapisseries et de tapis des Gobelins, de Beauvais et de la Savonnerie. La teinture et donc la couleur est au centre de ses préoccupation. Il y donne des cours et y dirige un laboratoire sur la recherche des couleurs. Il y pratique la « psychophysique des couleurs ».

Au travers de citations dont l’auteur nous est inconnu, on note des faits rapportés sur des plaintes au sujet du rendu des couleurs et plus particulièrement au sujet des noirs et donc des contrastes. C’est alors que Chevreul se tourne vers ce défaut de « mauvais contraste » et « d’instabilité de la lumière » qu’il reconnait et qu’il souhaite améliorer. Dès lors, Chevreul saisit déjà l’importance des contrastes et de la juxtaposition des couleurs. Il a en effet bien compris qu’il s’agit d’ « une modification qui se passe en nous« . C’est la façon dont l’oeil voit et son mécanisme qui importe désormais. Il faut donc s’adapter à ce mécanisme de l’oeil et non au contraire:  » Lorsqu’on juxtapose deux objets colorés, ou lorsqu’on les regarde successivement, chacun influence la perception qu’a l’œil de la nuance et du ton de l’autre. « […] dans le cas où l’œil voit en même temps deux couleurs qui se touchent, il les voit les plus dissemblables possibles ».

C’est Ampère qui le pousse à publier ce principe sous forme de loi intitulée: « De la loi du contraste simultané des couleurs et de l’assortiment des objets colorés considéré d’après cette loi dans ses rapports avec la peinture, les tapisseries des Gobelins, les tapisseries de Beauvais, pour meubles, les tapis, la mosaïque, les vitraux colorés, l’impression des étoffes, l’imprimerie, l’enluminure, la décoration des édifices, l’habillement et l’horticulture« . Chevreul ne semble pas encore en saisir l’impact incommensurable. Il le résume même par: « pour produire un effet agréable, le rapprochement de couleurs complémentaires ». L’idée d’harmonie s’impose alors.

 

Une fois publié, on lui reconnait un intérêt majeur. Il est notamment « ré-édité aux frais de l’Etat en 1889″ à la mort du théoricien. Il devient un des ouvrages expérimentaux les plus importants en France. Le travail de Chevreul ne cesse d’être décrit par citation. On ne sait de qui, peut être s’agit-il de Chevreul lui-même introduisant ses ouvrages, ou bien d’un critique qui lui était contemporain. Cette théorie semble être alors présentée comme positive pour les couleurs et notamment la composition. Ce n’est pas un défaut mais un perfectionnement. La couleurs prime. Cependant, on parle toujours « d’objets colorés », le lien avec la peinture n’apparait que par la suite.

C’est alors que Chevreul établit la « Loi du mélange des couleurs » en opposition à la juxtaposition des couleurs dont la manufacture des Gobelins en bénéficia notamment pour éliminer les défauts de contrastes. Il fournit alors des « catalogues complets des teintes anciennes sous la formes de cercles chromatiques qui constituent un système de mesure des couleurs ». On peut alors supposer que c’est à ce moment là que les artistes ou  » coloristes, se sont penchés sur la question d’une représentation fondée sur l’optique. Chevreul prend en compte les « accidents » pour en tirer des observations « d’universalité scientifique ». Une fois encore, on peut se référer à la photographie d’une manière encore plus explicite avec le photographe Nadar ayant détourné le médium photographique scientifique pour en faire de l’art. Alors que l’article est peu claire sur la voix narrative, on se réfèrent alors à l’abstraction et au symbolisme où la couleur est au centre de leur préoccupation. Les artistes ne saisiront même plus que la couleur et la lumière de cette couleur. C’est d’ailleurs par rapport à cet héritage des néo-impressionnistes sur l’optique des couleurs que les artistes symbolistes ou de l’abstraction se positionneront. Ces périodes étant postérieure à la mort de Chevreul, l’article prête donc à confusion entre citation et références anachroniques. Néanmoins, une citation résume bien le principe et le procédé technique que les néo-impressionnistes placeront au centre de leur travail: » Pour copier fidèlement le modèle coloré, il faut,[…] en faire la copie autrement qu’on le voit. » Il faut donc créer un environnement nécessaire au travail de synthèse de l’oeil.

Enfin, l’auteur de l’article évoque les dernières fonctions professionnelles de Chevreul qui ont prit de plus en plus d’importance à un niveau national. Le point le plus important est son contact avec de nombreux artistes et peintres concernés par la couleur comme le seront les néo-impressionnistes. Josette Fournier revient sur les innovations apportées par Chevreul lors de ses découvertes telles que la création en 1855 de cercles chromatiques qu’utiliseront les néo-impressionnistes dans leurs oeuvres, base de leur travail scientifique.

 

L’article met implicitement en exergue l’influence de Chevreul exercée en optique sur les néo-impressionnistes mais aussi pour les périodes qui suivront ces derniers. On note alors l’aspect scientifique et de recherche de la peinture néo-impressionniste. Ainsi, c’est le lien avec l’optique au travers de la couleur passant par l’oeil qui est exploité. C’est sur ce souci d’interprétation que les artistes de ce courant jouent. L’oeil est l’outil nécessaire à cette harmonie. L’article se termine et ouvre surement sur la complémentarité dans un ouvrage en 1864 de ses publications consacrées au contraste rotatif telles que « Des couleurs et de leurs application aux arts industriels à l’aide des cercles chromatiques » en 1839; puis, par la suite avec « Compléments d’études sur la vision des couleurs » en 1879 marquant l’évolution du lien entre l’optique et les couleurs dans les recherches de Chevreul.

Contraste simultané des couleurs, Chevreul ( couverture )

Par ailleurs, cet article ouvre sur un autre article intitulé: Chevreul et les peintres. Ce dernier évoque plus concrètement l’influence des théories de Chevreul sur les artistes de son temps mais aussi à postériori.

« Chevreul et les peintres »

Dans ce deuxième article de Josette Fournier intitulé: « Chevreul et les peintres« , le lecteur pourra enfin saisir le lien entre les théories optiques des couleurs de Chevreul et le travail des néo-impressionnistes mais aussi cette division qui scinde des artistes contemporains ou postérieurs à Chevreul.

Alors que Chevreul est entouré d’artiste tels que: « Horace Vernet, Louis Hersent, Paul Delaroche, Hippolyte Flandrin », aussi appelés  » peintres officiels » sûrement parce que leur style était reconnu par l’Institution des arts de leur époque; ces derniers n »ont « tirés aucun profit se ses recherches ». Néanmoins, ce sont des artistes tels Georges Seurat ( 1859 – 1891 ) ou encore Paul Signac ( 1863 -1935 ) qui auront extraient « dans les lois de Chevreul des fondements scientifiques rigoureux de la peinture ». L’un pointilliste et l’autre divisionniste, l’auteur de l’article ne s’attaque qu’aux plus grands du courant pour illustrer son propos. En effet, L’île de la Grande-Jatte fut « considéré comme le manifeste officiel du pointillisme, fondé sur les contrastes des tons ». Cette oeuvre marque la modernité et le changement de la conception de l’art dans la pensée des artistes.

Quant à Signac, il est avant tout présenté comme un théoricien du néo-impressionnisme. C’est au travers de cette figure de théoricien que l’auteur de l’article introduit les deux chemins que prennent les artistes à cette époque et que le titre de l’essai de Signac de 1889 ( année de la mort de Chevreul ) résume parfaitement: « D’Eugène Delacroix au Néo-impressionnisme » et marquant l’évolution d’un art classique vers un art moderniste au travers de la redécouverte de l’emploie des couleurs. Il y témoigne de sa rencontre avec le théoricien Chevreul au Gobelins « en compagnie d’Angrand » en 1884, autre peintre néo-impressionniste ayant marqué son temps. Lorsqu’il décrit cet épisode il emploie des qualifications assez fortes telles que: »qui fut notre initiation à la science de la couleur » ou encore  » l’illustre savant ».

C’est alors que l’article nous apprend le lien que Chevreul aura entretenu avec Delacroix qui s’adressa à lui très tôt alors que ce dernier n’était pas connu afin que Chevreul éclaire son art grâce aux théorie sur la couleurs. Bien qu’il ne se soient jamais rencontrés, cette information apporte beaucoup sur sa volonté et sur ce que Chevreul aura définitivement apporté de plus aux artistes qu’il aura réellement rencontré.

Ce deuxième articles est plus claire sur les citations et les références. En parlant des impressionnistes tels que Monet et Pissaro, Signac, montre que ceux-ci avaient déjà prit conscience des couleurs complémentaires, ainsi, la théorie de Chevreul devient la référence complémentaire sur le sujet, explicitant la loi sur les contrastes simultanées. C’est au travers de l’écrit de Signac que l’auteur restitue l’impact sur ces artistes néo-impressionniste. Signac explique qu’il avait dans un premier temps composer de façon empirique et donc hasardeuse concernant la répartition des couleurs et que c’est grâce à cette « objectivisme » que sont travail atteignit la justesse que l’on doit à une science et l’harmonie que l’on doit à une oeuvre.

L’auteur cite aussi RoodModern Chromatics, 1879 ) et Charles BlancGrammaire des arts du dessin pour l’utilisation des couleurs complémentaires ) aux côtés de Chevreul comme ayant été les derniers à approfondir la théorie de ce dernier. Ainsi, l’auteur met en choisit de mettre en avant l’aspect évolutif et didactique de cet art. Comme Signac le résume si bien: »C’est cette simple science du contraste qui forme la base solide du néo-impressionnisme. »

Enfin, l’auteur cite Françoise Cachin ayant rédigée en 1964 la préface de l’ouvrage de Signac afin de conclure sur l’aboutissement de ces théorie. A ses yeux, Delaunay fut celui qui se servit autant des théories de Chevreul que de Rood, qui s’inspira de Seurat comme fondateur autonome du courant néo-impressionniste. Cette dernière va même jusqu’à aller chercher l’impact chez les fauvistes comme Matisse ou encore dans l’abstraction et le Bauhaus chez Klee. Par ailleurs, on notera que le pointillisme aussi appelé « mélange optique par points » n’est qu’une des solutions afin d’utiliser les couleurs complémentaires, les symbolistes puis les fauvistes emploieront cette théorie des contrastes avec une autre forme d’expression.

L’article conclu sur un ouvrage semblant recouvrir tout cet historique théorique de la couleur d’où l’auteur tire son propos: « Art et science de la couleur. Chevreul et les peintres, de Delacroix à l’abstraction » de Georges Roque. L’article conclue sur une citation très explicite définissant très bien l‘impact des travaux de Chevreul sur les néo-impressionnistes en disant que « les réflexions de Chevreul « engendreront de l’intérêt, mais avec retardement, pour la question de peindre, non ce que l’œil voit, mais comment l’œil voit« .

Conclusion:

Ce qui n’est pas évoqué dans cet article est que Chevreul reprend notamment une théorie de 1839 issue de Goethe pour ses tapisseries des Gobelins. Goethe établit en outres, une théorie selon laquelle  » La couleur est un phénomène relatif », il s’agit de la couleur physique mais il y a aussi la couleur physiologique, c’est la couleur que l’oeil perçoit. La perception optique est relative car elle dépend de son contexte ambiant. C’est le fait d’inscrire les couleurs côte à côte que l’on voit d’un façon ou d’une autre. La vision du noir va influer su la vision du rouge. Le rouge va s’intensifier et non se noircir. C’est ainsi que Chevreul établira donc une théorie sur les couleurs complémentaires intitulée « La loi des contrastes simultanés« , qui, une fois juxtaposées dans un ensemble permettent d’intensifier les couleurs et les contrastes et notamment de faire vibrer le lumière présente dans le tableau en lui-même et tributaires des lois optiques de la lumière. En effet, on pourrait se pencher sur la question des couleurs additives et des couleurs soustractives. Ces deux articles apportent beaucoup d’éléments précis et nécessaire afin de comprendre quel impact auront eu les théorie Chevreul sur les couleurs et ainsi de quelle façon les artistes se les sont appropriées dans à partir du domaine de l’optique jusqu’au domaine de l’art.