Archives de Tag: Optique

Divisionism/Neo-Impressionism: Arcadia and Anarchy au Guggenheim museum

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Le musée Guggenheim de New-York, ayant déjà été un précurseur pour la promotion du néo-impressionnisme aux Etats-Unis grâce à son exposition en 1968, redouble d’effort en proposant à partir du 27 avril 2007, une exposition établissant les liens entre le divisionnisme italien du nord et le néo-impressionnisme français. L’intitulé de cette exposition, Arcadia and Anarchy, est une allusion flagrante à la philosophie divisionniste et néo-impressionniste. Une anarchie politique pronant des idées de gauche, le tout avec un idéal de paysages idylliques comme la région mythique d’Arcadie en Grèce.

Présentation et problématique de l'exposition

Présentation et problématique de l’exposition

Le musée veut établir plus précisément l’influence de la touche vibrante de ce divisionnisme italien sur les peintres français qui s’en seraient inspirés. La collection d’œuvre présentée comprend des emprunts à des musées français et italiens ainsi que des prêts provenant de collections privées. L’exposition comprend des artistes tel que Giovanni Segantini, Angelo Morbelli, and Giuseppe Pellizza da Volpedo pour les divisionnistes et Georges Seurat, Paul Signac, and Camille Pissarro pour les néo-impressionnistes, bien entendu d’autres sont présents. La juxtaposition des couleurs dans le mouvement divisionniste du nord de l’Italie, aurait été poussée à l’extrême par les peintres français pour aboutir à une touche qui sépare les couleurs. Les deux mouvements voulaient donc bien offrir un effet d’optique au spectateur. A la différence que les italiens voulaient une illusion plus axée sur les mélanges de pigments alors que les français, eux, ont dirigés leur étude plus précisément sur la touche en plus de la couleur.

La différence entres les deux mouvement se voit jusque dans les thématiques des toiles et dans les objectifs de représentation des peintres. Les grandes compositions, les représentations en trois dimensions ainsi que la volonté de représenter le mouvement (la représentation du mouvement qui sera la préoccupation première des futuristes) sont présent en Italie alors que la France préfère, des représentations de la vie Bourgeoise et de représentations artistiques (comme le cirque de Seurat).

L’exposition se scindant en cinq parties, « la lumière », « les paysages », « la vie rurale », « les problèmes sociaux » et enfin « le symbolisme ». Ces cinq thématiques permettant de mettre en avant les divergences des peintres, par exemple la lumière qui démontre la préoccupation de certains peintres de la réfraction lumineuse des couleurs.

Archives

Archives

Nous devons préciser que nous avons pris connaissance de cette exposition antérieure grâce aux archives présentes sur le site du musée, un archivage qui débute en 1973. A partir de cette date, le Solomon R. Guggenheim Museum Archives donne accès aux documents, enregistrements et activités du musée pour permettre aux chercheurs d’avoir un support pour leurs recherches. Bien entendu à cette date l’archivage se fait sur papier, mais la conscience de la sauvegarde du patrimoine intellectuel est déjà présente. Le support numérique prend de l’importance depuis 1998, année du début de la numérisation des documents. La recherche dans la documentation numérique est simple, un mot-clef suffit à trouver son bonheur parmi les milliers de références disponibles.

Cette institution américaine n’a donc pas peur de la perte du contenu physique au profit du contenu numérique, elle prône plutôt l’utilité pour les personnes éloignées géographiquement, de l’accès à ses archives. Ce qui est le cas pour l’article ici présent. Le musée Guggenheim vit dans l’air de son temps, il ne rejette pas les idées novatrices, au contraire, il plonge dans cette génération digitale.

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La grille et la vision

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Rosalind Krauss est actuellement professeur d’histoire de l’art à l’université de Columbia et en parallèle critique d’art. Une critique d’art qui a déjà développé des concepts tel que « l’informe » ou « l’inconscient optique ». Le papier ici présent est hébergé sur le site Persée, un site visant à regrouper des articles scientifiques, des documents divers et même des versions sonores.Il fut créé à Lyon par l’université de Lyon Saint-Etienne en association avec l’école normale supérieur de Lyon et le centre nationale pour la recherche scientifique.Ce qui demande une attention particulière est le système de référencement croisé qui permet de rebondir d’un article à un autre à partir de citations. Un outil extrêmement intéressant pour toute personne recherchant un article précis à partir d’une citation ou même d’un simple mot.

 

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Dans son article dans la revue Communications de 1981, Krauss parle du concept de « grille ».

Elle dit, je cite : « La grille annonce, entre autres choses, la volonté de l’art moderne de garder le silence, son hostilité à la littérature, à la narration, au discours.
En tant que tel, la grille a fait son travail avec une efficacité remarquable. 
La barrière qu’elle a abaissée entre les arts de vision et ceux du langage
a presque totalement réussie à murer les arts visuels dans un royaume exclusif de la visualité et de les défendre contre l’intrusion de la parole »

 

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Une définition qui aborde l’idée que la grille est un paradigme visuel pictural en totale autarcie. Un monde qui serait coupé de toute forme de langage pour laisser place à l’optique seule, un monde qui se suffirait à lui-même. C’est en cela que le néo-impressionnisme s’est différencié cependant, les lectures scientifiques ont nourri profondément leur pensée pour intégrer d’optique physiologique. Un mécanisme de perception qui s’intéresse à la lumière et à la couleur telles qu’elles sont vues.

Un écran physiologique à travers lequel la lumière arrive au cerveau, les scientifiques qui approchent cette idée sont bien entendu Chevreul, Rood ou encore Goethe.

De fait les peintres de ce mouvement voulaient démontrer une conception scientifique de la peinture, un outil permettant à l’artiste en question de démontrer l’interaction entre la touche répétitive dans la grille et la vision. Une possibilité de concevoir l’optique comme une hybridation non plus littéraire et pictural, mais scientifique et pictural.

 

Un exemple de d’artiste scientifique: Johann Wolfgang von Goethe

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Capture d'écran du site web.

Capture d’écran du site web.

Cet article consacré à Goethe intitulé « Un exemple d’artiste scientifique: Johann Wolfgang von Goethe » à partir du site « Science qualitative », met en avant la figure du théoricien vis à vis de ses découvertes sur la couleurs et la lumière. Bien que l‘interface ne soit pas attirante – un fond arc en ciel mettant en exergue le sujet de l’article accompagné d’une écriture verte – le contenu l’est du moins. 

C’est en effet la seconde partie de l’article qui nous intéresse le plus. Alors que la première partie introduit « l’esprit du théoricien », la seconde partie qui se nomme « Exemple d’approche dans le domaine de l’optique sur la Nature des couleurs ». Cet article sous son apparence peu sérieuse rentre parfaitement dans le cadre théorique de notre sujet.

Capture d'écran.

Capture d’écran.

Dans un premier temps en résumant les étapes de découvertes des théorie des couleurs par rapport à la lumière. notamment en évoquant Newton. Puis en évoquant l’expérience de ce mélange optique de couleurs lumière qui forment du blanc. Ce sont ces couleurs que les néo-impressionnistes ont utilisés: les couleurs lumière. L’aspect expérimental et scientifique est mit en avant au travers du spectre de la lumière.  

Georges Seurat et le néo-impressionnisme

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L’article de Dita Amory sur l’interface du Metropolitan Museum of art de Chicago, revient sur la carrière de Georges Seurat (1859-1891), artiste pointilliste, et sur l’évolution du courant néo-impressionniste. Elle dresse un commentaire à la fois synthétique et complet sur l’histoire d’un mouvement artistique, qui, lassé par une tendance impressionniste considéré comme peu ambitieuse, a décidé d’aller plus loin dans la réflexion sur la lumière et son rendu sur toile en s’inspirant des théories sur l’optique de Charles Henry, Chevreul et Rood.

Dans cet article, elle traite des principaux acteurs de cette tendance qu’ils soient théoriciens (Chevreul, Charles Henry ou encore Rood) ou artistes (Seurat, Signac, Pissarro, Van Gogh, Henri-Edmond Cross) évoquant même les noms de Matisse, Mondrian et Kandinsky, qui, avant d’être aspiré dans des courants beaucoup plus modernistes, fauvisme d’une part et abstraction d’autre part, ce sont essayés aux techniques picturales initiés par Georges Seurat.

Encore une fois, nous sommes face ici à un article de vulgarisation mais la dimension scientifique est manifeste, la légitimité venant du site lui-même puisqu’il s’agit du site du MET.

On regrette néanmoins de ne pas avoir plus de précision sur l’œuvre de Seurat. En effet, il aurait été aisé de nous exposer un court commentaire d’œuvre, permettant aux visiteurs de se faire une véritable idée des compositions du maître comme sur le site du Musée d’Orsay. D’autre part, la visibilité des œuvres restent sommaires, le spectateur ne pouvant pas les faire zoomer.

L’interface en elle-même est assez claire. Les tags reliés aux différents mots mis en surbrillance à travers le texte nous permettent l’accès à d’autres liens en rapport avec la démarche néo-impressionniste et les différentes théories artistiques de cette période.

Seurat, Un dimanche à la Grande Jatte, 1884-86, Oil on canvas, 208 x 308 cm, Art Institute, Chicago.

Seurat, Un dimanche à la Grande Jatte, 1884-86, Oil on canvas, 208 x 308 cm, Art Institute, Chicago.

L’influence des lois la couleur de Chevreul sur les peintres.

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Michel-Eugène Chevreul ( 31 août 1786 - 9 avril 1889 ). Il fut chimiste et théoricien des couleurs. Il inspira le travail des néo-impressionnistes.

Michel-Eugène Chevreul ( 31 août 1786 – 9 avril 1889 ). Il fut chimiste et théoricien des couleurs. Il inspira le travail des néo-impressionnistes.

Cercle chromatique établit par Chevreul avec son traité sur les contrastes simultanés.

Cercle chromatique établit par Chevreul avec son traité sur les contrastes simultanés.

« Les lois de Chevreul sur la couleur » /  » Chevreul et les peintres » )

Introduction:

Cet article met en adéquation deux articles rédigés par Josette Fournier sur un site français du CNRS ( Centre National de la Recherche Scientifique ) nommé Saga Science et ayant pour sujet « Chimie et beauté ». Il s’agit d’un site didactique fondé sur la base de la découverte. Les deux articles sur lequel nous allons porter notre intérêt se trouvent dans la rubrique  » couleur ». Chacun de ces deux articles sont de la même longueur, sûrement par soucis de formatage ou de synthétisme. Il semble néanmoins que ces articles sont lié par une articulation logique de telle façon qu’ils dépendent de l’un et de l’autre. Le premier plus factuel et le second plus encré dans la relation entre ces théories et l’art.

« Les lois de Chevreul sur la couleur »

Dans un premier article, Josette Fournier aborde le travail du théoricien Michel-Eugène Chevreul ( 1786 – 1889 ) par rapport à son travail de recherches et de publications. Ainsi, cet article intitulé: Les lois de Chevreul sur la couleur se déploie de façon chronologique et retrace les étapes de la recherche de Chevreul sur la couleur. C’est à dire, comment il a aboutit à la loi des contrastes simultanées qui influencera par le suite le travail de nombreux peintres dont les néo-impressionnistes. L’article est court et centré sur les faits. En effet, l’article est une sorte d’enchainement d’évènements historiques qui dans leur ensemble montre l’évolution du travail de théoricien de Chevreul mais qui ne tire aucune conclusion de ces faits. Il est donc propre à l’auteur de cet article d’en saisir la logique et les sous entendus.

L’auteur se permet de dresser en quelques lignes le profil de Chevreul en prenant en compte ses premières recherches. L’auteur veut mettre en exergue l’évolution du travail de son chimiste et son cheminement vers les théories sur la couleur.

L’articulation chronologique de son propos se trouve à la suite du titre: « Travaux et publications ». Par la suite, huit paragraphes se succèdent évoquant chacun une avancée dans ses recherche et un pas de plus vers cette découverte qui innovera le travail des néo-impressionnistes. C’est sous la forme d’une biographie que Josette Fournier aborde ses découvertes. Le premier paragraphe étant consacré à ses dates de vie et de mort ainsi qu’au contexte historique Napoléonien. Elève de Vauquelin à Paris, une bonne partie de sa vie sera consacrée au musée d’Histoire Naturelle. Déjà à cette époque, il se consacra à « l’extraction de colorants indigènes pour teindre les draps militaires ». Il faut donc bien saisir l’importance du contexte historique, notamment concernant l‘importation de colorants inconnus en Europe depuis les colonies orientales. C’est alors que l’on peut noter que cet intérêt pour le coloris débuta d’un aspect pratique, nationaliste et expérimental. Notons qu’au XIXe siècle, l’art et la chimie se mêlent. Il n’y a qu’à se pencher sur la question de la photographie. Les inventeurs de l’optique étaient avant toute chose des chimistes découvrant l’optique. C’est par son développement et son lien inéluctable que la photographie à l’aspect scientifique connue une revendication artistique par l’empreint de ce médium. Et bien, c’est ici que l’on remarque déjà ce que les peintres viendront chercher dans les travaux de Chevreul.

 

 

Quand au deuxième paragraphe, il évoque les nombreux mémoires et notes « dont 11 portent sur les matières colorantes végétales: indigo, pastel, tournesol, bois de Campêche, bois du Brésil ». Par ailleurs, il obtient le « premier noir de qualité sous forme d’une combinaison de l’hématoxyline avec des sels de chrome ». C’est notamment grâce à lui que les gamme de couleurs s’élargissent.

Il est nommé par Louis XVIII le 9 Septembre 1824, directeur des teintures aux Manufactures royales de tapisseries et de tapis des Gobelins, de Beauvais et de la Savonnerie. La teinture et donc la couleur est au centre de ses préoccupation. Il y donne des cours et y dirige un laboratoire sur la recherche des couleurs. Il y pratique la « psychophysique des couleurs ».

Au travers de citations dont l’auteur nous est inconnu, on note des faits rapportés sur des plaintes au sujet du rendu des couleurs et plus particulièrement au sujet des noirs et donc des contrastes. C’est alors que Chevreul se tourne vers ce défaut de « mauvais contraste » et « d’instabilité de la lumière » qu’il reconnait et qu’il souhaite améliorer. Dès lors, Chevreul saisit déjà l’importance des contrastes et de la juxtaposition des couleurs. Il a en effet bien compris qu’il s’agit d’ « une modification qui se passe en nous« . C’est la façon dont l’oeil voit et son mécanisme qui importe désormais. Il faut donc s’adapter à ce mécanisme de l’oeil et non au contraire:  » Lorsqu’on juxtapose deux objets colorés, ou lorsqu’on les regarde successivement, chacun influence la perception qu’a l’œil de la nuance et du ton de l’autre. « […] dans le cas où l’œil voit en même temps deux couleurs qui se touchent, il les voit les plus dissemblables possibles ».

C’est Ampère qui le pousse à publier ce principe sous forme de loi intitulée: « De la loi du contraste simultané des couleurs et de l’assortiment des objets colorés considéré d’après cette loi dans ses rapports avec la peinture, les tapisseries des Gobelins, les tapisseries de Beauvais, pour meubles, les tapis, la mosaïque, les vitraux colorés, l’impression des étoffes, l’imprimerie, l’enluminure, la décoration des édifices, l’habillement et l’horticulture« . Chevreul ne semble pas encore en saisir l’impact incommensurable. Il le résume même par: « pour produire un effet agréable, le rapprochement de couleurs complémentaires ». L’idée d’harmonie s’impose alors.

 

Une fois publié, on lui reconnait un intérêt majeur. Il est notamment « ré-édité aux frais de l’Etat en 1889″ à la mort du théoricien. Il devient un des ouvrages expérimentaux les plus importants en France. Le travail de Chevreul ne cesse d’être décrit par citation. On ne sait de qui, peut être s’agit-il de Chevreul lui-même introduisant ses ouvrages, ou bien d’un critique qui lui était contemporain. Cette théorie semble être alors présentée comme positive pour les couleurs et notamment la composition. Ce n’est pas un défaut mais un perfectionnement. La couleurs prime. Cependant, on parle toujours « d’objets colorés », le lien avec la peinture n’apparait que par la suite.

C’est alors que Chevreul établit la « Loi du mélange des couleurs » en opposition à la juxtaposition des couleurs dont la manufacture des Gobelins en bénéficia notamment pour éliminer les défauts de contrastes. Il fournit alors des « catalogues complets des teintes anciennes sous la formes de cercles chromatiques qui constituent un système de mesure des couleurs ». On peut alors supposer que c’est à ce moment là que les artistes ou  » coloristes, se sont penchés sur la question d’une représentation fondée sur l’optique. Chevreul prend en compte les « accidents » pour en tirer des observations « d’universalité scientifique ». Une fois encore, on peut se référer à la photographie d’une manière encore plus explicite avec le photographe Nadar ayant détourné le médium photographique scientifique pour en faire de l’art. Alors que l’article est peu claire sur la voix narrative, on se réfèrent alors à l’abstraction et au symbolisme où la couleur est au centre de leur préoccupation. Les artistes ne saisiront même plus que la couleur et la lumière de cette couleur. C’est d’ailleurs par rapport à cet héritage des néo-impressionnistes sur l’optique des couleurs que les artistes symbolistes ou de l’abstraction se positionneront. Ces périodes étant postérieure à la mort de Chevreul, l’article prête donc à confusion entre citation et références anachroniques. Néanmoins, une citation résume bien le principe et le procédé technique que les néo-impressionnistes placeront au centre de leur travail: » Pour copier fidèlement le modèle coloré, il faut,[…] en faire la copie autrement qu’on le voit. » Il faut donc créer un environnement nécessaire au travail de synthèse de l’oeil.

Enfin, l’auteur de l’article évoque les dernières fonctions professionnelles de Chevreul qui ont prit de plus en plus d’importance à un niveau national. Le point le plus important est son contact avec de nombreux artistes et peintres concernés par la couleur comme le seront les néo-impressionnistes. Josette Fournier revient sur les innovations apportées par Chevreul lors de ses découvertes telles que la création en 1855 de cercles chromatiques qu’utiliseront les néo-impressionnistes dans leurs oeuvres, base de leur travail scientifique.

 

L’article met implicitement en exergue l’influence de Chevreul exercée en optique sur les néo-impressionnistes mais aussi pour les périodes qui suivront ces derniers. On note alors l’aspect scientifique et de recherche de la peinture néo-impressionniste. Ainsi, c’est le lien avec l’optique au travers de la couleur passant par l’oeil qui est exploité. C’est sur ce souci d’interprétation que les artistes de ce courant jouent. L’oeil est l’outil nécessaire à cette harmonie. L’article se termine et ouvre surement sur la complémentarité dans un ouvrage en 1864 de ses publications consacrées au contraste rotatif telles que « Des couleurs et de leurs application aux arts industriels à l’aide des cercles chromatiques » en 1839; puis, par la suite avec « Compléments d’études sur la vision des couleurs » en 1879 marquant l’évolution du lien entre l’optique et les couleurs dans les recherches de Chevreul.

Contraste simultané des couleurs, Chevreul ( couverture )

Par ailleurs, cet article ouvre sur un autre article intitulé: Chevreul et les peintres. Ce dernier évoque plus concrètement l’influence des théories de Chevreul sur les artistes de son temps mais aussi à postériori.

« Chevreul et les peintres »

Dans ce deuxième article de Josette Fournier intitulé: « Chevreul et les peintres« , le lecteur pourra enfin saisir le lien entre les théories optiques des couleurs de Chevreul et le travail des néo-impressionnistes mais aussi cette division qui scinde des artistes contemporains ou postérieurs à Chevreul.

Alors que Chevreul est entouré d’artiste tels que: « Horace Vernet, Louis Hersent, Paul Delaroche, Hippolyte Flandrin », aussi appelés  » peintres officiels » sûrement parce que leur style était reconnu par l’Institution des arts de leur époque; ces derniers n »ont « tirés aucun profit se ses recherches ». Néanmoins, ce sont des artistes tels Georges Seurat ( 1859 – 1891 ) ou encore Paul Signac ( 1863 -1935 ) qui auront extraient « dans les lois de Chevreul des fondements scientifiques rigoureux de la peinture ». L’un pointilliste et l’autre divisionniste, l’auteur de l’article ne s’attaque qu’aux plus grands du courant pour illustrer son propos. En effet, L’île de la Grande-Jatte fut « considéré comme le manifeste officiel du pointillisme, fondé sur les contrastes des tons ». Cette oeuvre marque la modernité et le changement de la conception de l’art dans la pensée des artistes.

Quant à Signac, il est avant tout présenté comme un théoricien du néo-impressionnisme. C’est au travers de cette figure de théoricien que l’auteur de l’article introduit les deux chemins que prennent les artistes à cette époque et que le titre de l’essai de Signac de 1889 ( année de la mort de Chevreul ) résume parfaitement: « D’Eugène Delacroix au Néo-impressionnisme » et marquant l’évolution d’un art classique vers un art moderniste au travers de la redécouverte de l’emploie des couleurs. Il y témoigne de sa rencontre avec le théoricien Chevreul au Gobelins « en compagnie d’Angrand » en 1884, autre peintre néo-impressionniste ayant marqué son temps. Lorsqu’il décrit cet épisode il emploie des qualifications assez fortes telles que: »qui fut notre initiation à la science de la couleur » ou encore  » l’illustre savant ».

C’est alors que l’article nous apprend le lien que Chevreul aura entretenu avec Delacroix qui s’adressa à lui très tôt alors que ce dernier n’était pas connu afin que Chevreul éclaire son art grâce aux théorie sur la couleurs. Bien qu’il ne se soient jamais rencontrés, cette information apporte beaucoup sur sa volonté et sur ce que Chevreul aura définitivement apporté de plus aux artistes qu’il aura réellement rencontré.

Ce deuxième articles est plus claire sur les citations et les références. En parlant des impressionnistes tels que Monet et Pissaro, Signac, montre que ceux-ci avaient déjà prit conscience des couleurs complémentaires, ainsi, la théorie de Chevreul devient la référence complémentaire sur le sujet, explicitant la loi sur les contrastes simultanées. C’est au travers de l’écrit de Signac que l’auteur restitue l’impact sur ces artistes néo-impressionniste. Signac explique qu’il avait dans un premier temps composer de façon empirique et donc hasardeuse concernant la répartition des couleurs et que c’est grâce à cette « objectivisme » que sont travail atteignit la justesse que l’on doit à une science et l’harmonie que l’on doit à une oeuvre.

L’auteur cite aussi RoodModern Chromatics, 1879 ) et Charles BlancGrammaire des arts du dessin pour l’utilisation des couleurs complémentaires ) aux côtés de Chevreul comme ayant été les derniers à approfondir la théorie de ce dernier. Ainsi, l’auteur met en choisit de mettre en avant l’aspect évolutif et didactique de cet art. Comme Signac le résume si bien: »C’est cette simple science du contraste qui forme la base solide du néo-impressionnisme. »

Enfin, l’auteur cite Françoise Cachin ayant rédigée en 1964 la préface de l’ouvrage de Signac afin de conclure sur l’aboutissement de ces théorie. A ses yeux, Delaunay fut celui qui se servit autant des théories de Chevreul que de Rood, qui s’inspira de Seurat comme fondateur autonome du courant néo-impressionniste. Cette dernière va même jusqu’à aller chercher l’impact chez les fauvistes comme Matisse ou encore dans l’abstraction et le Bauhaus chez Klee. Par ailleurs, on notera que le pointillisme aussi appelé « mélange optique par points » n’est qu’une des solutions afin d’utiliser les couleurs complémentaires, les symbolistes puis les fauvistes emploieront cette théorie des contrastes avec une autre forme d’expression.

L’article conclu sur un ouvrage semblant recouvrir tout cet historique théorique de la couleur d’où l’auteur tire son propos: « Art et science de la couleur. Chevreul et les peintres, de Delacroix à l’abstraction » de Georges Roque. L’article conclue sur une citation très explicite définissant très bien l‘impact des travaux de Chevreul sur les néo-impressionnistes en disant que « les réflexions de Chevreul « engendreront de l’intérêt, mais avec retardement, pour la question de peindre, non ce que l’œil voit, mais comment l’œil voit« .

Conclusion:

Ce qui n’est pas évoqué dans cet article est que Chevreul reprend notamment une théorie de 1839 issue de Goethe pour ses tapisseries des Gobelins. Goethe établit en outres, une théorie selon laquelle  » La couleur est un phénomène relatif », il s’agit de la couleur physique mais il y a aussi la couleur physiologique, c’est la couleur que l’oeil perçoit. La perception optique est relative car elle dépend de son contexte ambiant. C’est le fait d’inscrire les couleurs côte à côte que l’on voit d’un façon ou d’une autre. La vision du noir va influer su la vision du rouge. Le rouge va s’intensifier et non se noircir. C’est ainsi que Chevreul établira donc une théorie sur les couleurs complémentaires intitulée « La loi des contrastes simultanés« , qui, une fois juxtaposées dans un ensemble permettent d’intensifier les couleurs et les contrastes et notamment de faire vibrer le lumière présente dans le tableau en lui-même et tributaires des lois optiques de la lumière. En effet, on pourrait se pencher sur la question des couleurs additives et des couleurs soustractives. Ces deux articles apportent beaucoup d’éléments précis et nécessaire afin de comprendre quel impact auront eu les théorie Chevreul sur les couleurs et ainsi de quelle façon les artistes se les sont appropriées dans à partir du domaine de l’optique jusqu’au domaine de l’art.