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La grille et la vision

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Rosalind Krauss est actuellement professeur d’histoire de l’art à l’université de Columbia et en parallèle critique d’art. Une critique d’art qui a déjà développé des concepts tel que « l’informe » ou « l’inconscient optique ». Le papier ici présent est hébergé sur le site Persée, un site visant à regrouper des articles scientifiques, des documents divers et même des versions sonores.Il fut créé à Lyon par l’université de Lyon Saint-Etienne en association avec l’école normale supérieur de Lyon et le centre nationale pour la recherche scientifique.Ce qui demande une attention particulière est le système de référencement croisé qui permet de rebondir d’un article à un autre à partir de citations. Un outil extrêmement intéressant pour toute personne recherchant un article précis à partir d’une citation ou même d’un simple mot.

 

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Dans son article dans la revue Communications de 1981, Krauss parle du concept de « grille ».

Elle dit, je cite : « La grille annonce, entre autres choses, la volonté de l’art moderne de garder le silence, son hostilité à la littérature, à la narration, au discours.
En tant que tel, la grille a fait son travail avec une efficacité remarquable. 
La barrière qu’elle a abaissée entre les arts de vision et ceux du langage
a presque totalement réussie à murer les arts visuels dans un royaume exclusif de la visualité et de les défendre contre l’intrusion de la parole »

 

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Une définition qui aborde l’idée que la grille est un paradigme visuel pictural en totale autarcie. Un monde qui serait coupé de toute forme de langage pour laisser place à l’optique seule, un monde qui se suffirait à lui-même. C’est en cela que le néo-impressionnisme s’est différencié cependant, les lectures scientifiques ont nourri profondément leur pensée pour intégrer d’optique physiologique. Un mécanisme de perception qui s’intéresse à la lumière et à la couleur telles qu’elles sont vues.

Un écran physiologique à travers lequel la lumière arrive au cerveau, les scientifiques qui approchent cette idée sont bien entendu Chevreul, Rood ou encore Goethe.

De fait les peintres de ce mouvement voulaient démontrer une conception scientifique de la peinture, un outil permettant à l’artiste en question de démontrer l’interaction entre la touche répétitive dans la grille et la vision. Une possibilité de concevoir l’optique comme une hybridation non plus littéraire et pictural, mais scientifique et pictural.

 

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Goethe and Chevreul: Simultaneous contrast

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Capture d'écran Goethe et Chevreul

Le site américain « Webexhibit«  qui est un musée interactif de la science, des humanités et de la culture établit en 1999. L’article qui nous intéresse est intitulé « Goethe et Chevreul: Simultaneous Contrast ». Cet article se trouve dans une autre page du site telle une exposition dont le thème est  » Color and Vision of Art » qui à pour slogan « Vision science & the emergence of modern art ». Il nous est dit que ce sont des experts et chercheurs, nous avons seulement un nom: Institute for Dynamic Educational Advancement ou IDEA. A près une courte recherche sur Internet, on découvre qu’il s’agit d’un site non lucratif fondé par Michael Douma en 1998 à Rockville aux Etats Unis. Par ailleurs, l’organisation et la présentation du site laisse penser que ce site est fiable. Ce site s’inscrit pleinement dans les Digital Humanities dans le sens où elle met en avant le partage non lucratif de connaissances et de recherches pour les professeurs et les étudiants. L’article nous propose même une aide pour les citer et justifier qui ils sont

C’est au travers d’articles que l’on découvre à travers le temps le lien entre l’art et l’optique. Ce dernier se trouve dans la catégorie « Before 1900 » qui aborde la théorie des contrastes entre les couleurs avant 1900, c’est à dire jusqu’à la période des néo-impressionniste. Dès lors, l’article met déjà en avant le fait qu’il répond à nos question sur la théorie des couleurs. Par ailleurs, il met en avant Goethe et Chevreul qui sont les deux théoriciens majeurs s’intéressant au contrastes simultanés et à la juxtaposition des couleurs. D’abord Goethe, puis Chevreul.

L’article est très clair, il commence par définir le travail de Goethe après 1800 comme liant la perception des couleurs et notamment des contrastes entre ces couleurs à l’optique mais aussi aux émotions humaines. Bien qu’il soit nécessaire de maitriser l’anglais pour lire cet article, le discours est espacé et le propos bien organisé. De plus, des images explicatives soulignent le propos de ces théoriciens.

Diagrammes de Goethe.

Diagrammes de Goethe.

Goethe définit des couleurs « plus » qui sont les couleurs chaudes et les couleurs « minus » qui sont les couleurs froides. Il lie ces couleurs à des émotions et dresse un cercle chromatique montrant les couleurs contrastantes mais aussi complémentaires. Le site établit d’ailleurs un lien vers une page plus complète expliquant les théories sur la couleur de Goethe. On peut y trouver des croquis réalisés par Goethe tentant de prouver cette complémentarité des couleurs.

Cercle chromatique de Goethe.

Cercle chromatique de Goethe.

Cercle chromatique de Chevreul.

Cercle chromatique de Chevreul.

Puis, l’article met en avant le théoricien Chevreul avec son ouvrage en 1839: De la loi du contraste Simultané des Couleurs. Des schéma et des activités didactiques nous montre l’intérêt de Chevreul pour la juxtaposition de couleurs complémentaires. Ainsi, les couleurs ressortent encore plus. Ainsi, c’est en regardant les cercles chromatiques de l’un et de l’autre que l’on se rend compte que Chevreul reprend la théorie de Goethe afin de l’approfondir.

En outre, l’article crée des liens avec des artistes contemporains pour montrer la pérennité de ces théories dans l’art contemporain. Les néo-impressionnistes ( voire les impressionnistes avant eux ) avaient réussir à lier science et art afin de voir la modernité comme un avantage essentiel à l’art. La perception est au centre de l’art. C’est aussi lié à cette idée de modernité qui s’encre dans les moeurs, on veut comprendre le mécanisme de perception de l’oeil.

Il s’agit donc d’un article clair et synthétique, riche en informations et en croquis explicatifs. Il rentre donc dans une optique didactique et des la logique des Digital Humanities